Avec Agatha, nous explorons la fête comme un acte de résistance et d’émancipation collective.
Dans un monde saturé de peur, de division et de contrôle, danser ensemble devient un geste politique : une manière de réaffirmer notre puissance d’agir, de célébrer le vivant et de renouer avec la joie comme force de transformation.
La pièce puise dans l’énergie du dancefloor, non comme simple espace de divertissement, mais comme lieu de réinvention du commun, où les corps s’accordent, s’élèvent et s’abandonnent à un mouvement partagé.
La fête devient un rituel contemporain, un acte de soin social, un espace de résonance.
Danse, musique électronique et vidéo live y dialoguent pour interroger notre rapport à l’incarnation, à la communauté et à l’image. Dans un monde hyperconnecté et souvent désincarné, Agatha cherche à retisser des liens sensibles, à travers la vibration collective, la transe et la présence physique.
Sur scène, cinq interprètes, une DJ et un vidéaste inventent ensemble une écologie du lien : entre isolement et communion, entre technologie et chair, entre euphorie et lucidité.
Agatha s’éprouve comme une expérience vivante, une fête consciente, où s’incarne la possibilité d’un monde commun.
NOTE D’INTENTION DANSE / DJ SET / VIDEO LIVE
Nous abordons la fête comme espace politique, où la joie devient une forme de lutte.
Comme l’écrivait Gilles Deleuze : « Le système nous veut tristes, il faut être joyeux pour lui résister. »
Dans cette perspective, la fête n’est pas une échappatoire mais un territoire de reconquête du sensible et du collectif.
Nous rejoignons ici Arnaud Idelon (Boum Boum. Politique du dancefloor), pour qui la fête constitue une “zone à défendre” où s’inventent des formes de commun, une circulation du care et une démocratie des corps.
La philosophe et danseuse Emma Bigé évoque quant à elle les “dissidences motrices” : danser pour faire communauté, pour échapper aux normes sociales et aux cadres disciplinaires.
Enfin, chez Florian Gaité (Tout à danser s’épuise), la danse devient un épuisement souverain, une dépense libératrice qui s’oppose à l’économie de la productivité.
Agatha réactive cette puissance subversive du dancefloor : un espace où le collectif s’invente, où les corps se reconnectent à leur pouvoir d’action, où la joie et la vulnérabilité deviennent des formes de résistance.
La création s’ancre aussi dans une réflexion sur nos modes de déplacement et de rencontre. Dans la continuité de cette recherche, une tournée à vélo autour du lac d’Annecy sera mise en œuvre avec l’Auditorium Seynod à l’été 2026 : une manière concrète d’expérimenter le lien entre art, territoire et écologie du mouvement.
Agatha est une pièce de danse pour six interprètes :
4 danseurs,
1 réalisateur vidéo live
1 DJ en scène
Le spectacle se prolonge par un DJ set et précédé d’action médiation culturelle.
Durée prévue : 50 minutes + DJ set
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LA GENÈSE
Danser, c’est se réapproprier son corps et sa liberté. À travers l’histoire, la danse a toujours été un geste politique : de la Carmagnole révolutionnaire aux bals ouvriers de 1936, des danses d’usine aux chorégraphies féministes du collectif chilien Las Tesis.
Sous l’Ancien Régime, le Code Noir interdisait déjà la danse aux esclaves — signe que bouger librement était perçu comme une menace : danser, c’était faire outrage à la propriété du corps par le maître.
De la même manière, les performances de MC Danse pour le Climat ou de Melissa Ziad témoignent aujourd’hui d’une danse manifeste, où le geste devient revendication.
Comme l’écrivait Audre Lorde : « Les outils du maître ne démoliront jamais la maison du maître. » La danse, en inventant d’autres modes d’action, ouvre des brèches dans les structures de domination.
La genèse d’Agatha s’inscrit dans ce mouvement : un besoin urgent de créer des espaces de liberté, d’écoute et de joie partagée après la période de repli post-pandémique.
Agatha est la recréation augmentée d’Agatha’s Trip, notre première pièce, créée en 2021 lors de la fondation de la compagnie.
À l’origine, un laboratoire de recherche intitulé EN EDEN, centré sur le lien sensible à la nature. Ce travail fécond a donné naissance à un cycle de trois duos :
AGATHA’S TRIP une réaction à la stigmatisation de la jeunesse pendant la pandémie, une ode à la fête, à l’écologie humaine et au besoin vital de communion dans la joie ;
HUMUS (création 2022) un rituel reconnexion à la terre.
THETYS (création 2024) dédié à l’eau donne vie à Thétys femme d’océan dans mythologie grecques.
Agatha prolonge et dépasse ce cycle ouvrant vers la dimension humaine et sociale : une écologie du lien, du collectif et de la fête comme force de régénération.
LA CHORÉGRAPHIE
Claire-Marie et Amaury RÉOT en collaboration avec l’équipe
Avec Agatha, nous transposons au groupe le langage chorégraphique que nous façonnons depuis nos premières vidéo-danses en 2017.
Notre écriture repose sur le tissage des corps, la confiance et la construction d’un corps commun.
Nos fondamentaux chorégraphiques s’articulent autour de plusieurs principes :
• Les portés, comme socle collectif permettant à l’individu de s’élever : un corps devient le support d’un autre. On s’offre un « plane » par une collaboration fondée sur la confiance.
• L’entrelacement des corps, qui explore l’intimité sans domination : un geste hérité de notre duo fondateur, aujourd’hui élargi à plusieurs interprètes.
• Les motifs répétitifs, ou “escargots”, inspirés des clés du breakdance : la répétition ouvre un espace de transformation, de transe. Une quête vers une danse qui produirait autant d’énergie qu’elle en consomme.
• Les “shadows”, synchronisations organiques où chacun devient l’ombre de l’autre : s’effacer pour laisser place au groupe.
• La résonance physique avec la musique, qui active la transe et relie les corps à une pulsation commune : comment je me laisse traverser. Accepter l’extérieur à l’intérieur de soi, comme une respiration accueille l’air qui nous entoure pour nous constituer.
Ce vocabulaire chorégraphique s’ancre dans une réflexion anthropologique et sociale.
Nous rejoignons ici Victor Turner et sa notion de communitas : une communauté éphémère née du partage d’un même rythme.
Le Baile Charme brésilien nous inspire aussi : des milliers de danseurs s’y influencent mutuellement, sans chorégraphe ni hiérarchie, dans une démocratie du mouvement.
Enfin, Lionel Pourtau voit dans la rave l’attente d’un renouveau utopique, un espace d’expérimentation de nouveaux possibles.
Dans Agatha, chaque interprète vit son propre voyage tout en restant poreux à l’énergie du groupe. Les corps s’élèvent, se soutiennent, s’effacent, formant une matière vivante où la singularité nourrit le commun.
La chorégraphie se construit dans un dialogue constant entre musique, vidéo et scénographie. Il ne s’agit pas seulement de danser ensemble, mais d’expérimenter une forme possible de monde.
LA VIDÉO LIVE
Teddy Masson (cinématographie de la vidéo-danse HUMUS)
La vidéo dans Agatha agit comme un miroir de nos usages numériques.
Nous cherchons à exposer nos paradoxes : la vidéo nous isole des autres, mais elle nous permet aussi de plonger dans l’intimité du corps, d’accéder à une proximité invisible autrement.
Le smartphone, outil de surproduction et de surexposition, devient ici un vecteur de sensibilité.
Teddy Masson, caméra en main, capte les corps, les fragilités, les détails : une peau, une respiration, un tremblement.
Les images filmées en direct; parfois déformées, filtrées ou saturées; révèlent une réalité altérée, comme notre perception médiatisée du monde.
Cette approche s’inspire aussi des vidéos militantes : dans les manifestations, filmer, c’est résister, documenter la présence, créer une mémoire collective.
Les slogans visuels, les montages rapides et les récits diffusés en ligne deviennent autant de propagandes poétiques.
Sur scène, la vidéo live s’inscrit dans cette lignée : elle propage des fragments de réel, fait circuler l’énergie entre les corps et leurs images, entre la scène et le monde.
La vidéo, loin d’être simple outil, devient ainsi un espace d’expérimentation sensible et politique — un lieu où l’on peut éprouver autrement notre rapport à l’incarnation.
RÉSUMÉ PRO
TITRE
AGATHA (provisoire)
Duré : 50minutes
L’ÉQUIPE :
Claire-Marie et Amaury Reot _ Chorégraphie & danse
Oona Skari Duroy _ Djing & danse
Teddy Masson _ Vidéo-live et danse / en alternance avec Hugo Fle
Anh-Ly Rivet _ Danse et DJing
Lory Laurac _ Danse
Jean-François Garraud _ Scénographie
Thomas Marechal _ Création lumière
Stanislas Kopec _ Régie générale & Technique vidéo
Maximilien Minsk _ Conseil en mythologie
Laetitia Revillard REVUP PROD _ Administration
Stagiaires écoles d’art _ Mélanie Remaud & Max Imbert
Nombre de personnes en tournée : 8
Conditions techniques provisoires
9m ouverture x 8m profondeur
Vidéo projection
PREMIÈRES 19 au 22 Janvier 2027 Bonlieu Scène nationale en coréalisation avec L’Auditorium Seynod
Structures associées au projet
PRODUCTION SOULMAGNET
CO-PRODUCTIONS
L’Auditorium Seynod, Scène régionale Auvergne Rhône-Alpes, Annecy / Château Rouge scène conventionnée d’Annemasse / Théâtre du Parc, Scène conventionnée d’intérêt national mention “ Art et création” pour la danse et les arts du mouvement, Andrézieux Bouthéon / Quai des Arts, Rumilly / L’Heure Bleue, Saint-Martin-d’Herès
PRÉ ACHATS
Le Bordeau, Saint Genis Pouilly / Larande, Saint-Julien-en-Genevois
SOUTIENS
DRAC Auvergnes Rhônes-Alpes
Région Auvergnes Rhônes-Alpes
Conseil départemental de la Haute-Savoie
Avec le soutiens du mécénat de la Caisse des dépôts
Ville d’Annecy
ACCUEIL EN RÉSIDENCE
Coopérative Artistique des Collines
Crédit photos : Teddy Masson, Max Imbert, Adriana Levet
